Du 1er au 30 novembre 2020, Le CEM devait accueillir pour sa nouvelle exposition, Stéphanie Debuf-Thierry, photographe havraise, dans le cadre d’une exposition s’intitulant « Ressac ». Une exposition qui rassemble deux séries : « Éclats d’écumes » et « Submersion ».
Compte-tenu des nouvelles directives gouvernementales et notamment du couvre-feu, cette événement est reporté à une date ultérieure.

Photographiant les instants de vie depuis l’âge de 10 ans, la photographie artistique apparaît tardivement dans la vie de Stéphanie Debuf-Thierry. « Je n’ai pas de parcours technique particulier. Je suis, hormis deux heures de cours pour appréhender le manuel avec Olivier Roche, autodidacte.»
Influencée par des photographes, dont le regard sur l’abstraction et la lumière l’ont particulièrement interpellée, guidée par les jeux de lumière et les lignes droites et courbées, elle s’oriente vers l’abstraction et le rapport aux éléments.
Dans un état proche de la méditation, l’art lui sert d’exutoire. Fascinée par les mouvements du ressac, elle en a fait son thème d’étude pour l’année 2019.
La série « Éclats d’écumes » reprend le thème de la vague et des rochers. Jouant sur des effets de lumière, elle donne à voir des nuances d’or et de vert. La série « Submersion » se veut résolument abstraite et hors des repères habituels. Elle invite l’imaginaire à se projeter dans des formes et des univers différents. Elle utilise la photo comme un média vers l’imaginaire des spectateurs.

Plus d’infos ici

Au CEM, 77 rue du 329e R.I. – 76620 Le Havre
Infos au 02 35 48 48 80
Exposition en entrée libre, le lundi de 18h à minuit, du mardi au vendredi de 14h à minuit,
le mercredi de 9h à midi, le samedi de 14 à 19h et le dimanche de 14h30 à 19h.

La voici donc arrivée, cette rentrée pas comme les autres… Une rentrée sous haute surveillance, sous haute bienveillance, celle qui nous protègera les uns des autres de ce satané virus qui a bouleversé nos vies, mais qui ne nous empêchera pas de vivre. Au CEM, nous mettons tout en œuvre pour garantir la sécurité de tous et de toutes, mais rien ne se fera sans la participation de chacun. Plus que jamais, soyons unis et citoyens.

Ce gu’il faut retenir :

  • Si vous vous sentez malade, ne prenez pas de risques : restez chez vous
  • Continuez d’appliquer les gestes barrières de base
  • Masque obligatoire dans les circulations et espaces communs à partir de 11 ans ou en dessous si l’enfant est en capacité de l’utiliser en toute sécurité
  • Pour limiter le nombre de personnes dans l’établissement, il est conseillé aux parents d’élèves mineurs de les laisser entrer seuls dans l’école
  • Pour les plus jeunes, les parents qui devront attendre pendant le cours, les deux salles d’attente et le bar seront accessibles. Des tables seront à disposition ainsi qu’un kit sanitaire permettant un nettoyage avant et après usage

Pour les musiciens :  chaque élève ou participant doit être muni de son matériel (masque, instrument sauf cas exceptionnel (éveil, etc.))

Du bon usage des salles de cours :

  • C’est le professeur qui ouvre et ferme la ou les porte(s) de sa salle de cours
  • Les salles de cours sont organisées pour permettre une distanciation physique d’au moins 1m50 entre chaque personne. Le port du masque reste conseillé
  • Pour les ateliers, sera procédé à un éloignement maximal de tous les élèves et une protection en plexiglas sera fournie aux chanteurs. Les micros seront cellophanés, changés à chaque cours (des gants seront à disposition des professeurs au moment du nettoyage)
  • Chaque professeur aérera sa salle entre chaque cours. Il faut savoir que Le CEM est doté de centrales de traitement d’air qui recyclent l’air en permanence. Ce système est très performant et particulièrement adapté

La particularité des cours de chant :

  • Les élèves seront alignés, éloignés le plus possible les uns des autres et chanteront a cappella. Ils disposeront chacun d’une protection en plexiglass fournie par Le CEM

Éveil :

  • C’est le professeur qui s’assurera du lavage des mains des enfants à l’entrée et à la sortie de la salle avec un produit adapté
  • Un kit d’instruments par élève sera préparé dans une boite. Ce dernier sera nettoyé par le personnel du CEM après usage
Pour tout complément d’information/ 02 35 48 48 80
Courriel

 

Pour sa première exposition de la saison, Le CEM accueille Pascale Chau-Huu, artiste parisienne née à Marseille mais dont les connexions havraises sont prégnantes ; au point qu’elle a eu envie de développer avec Le CEM un concept original : réaliser des dessins qui traduiraient la musique de groupes du Havre, entre autres.

C’est ainsi qu’en collaboration avec Jean-François Thieulen, régisseur du Pôle de répétition du CEM, elle a pu obtenir une liste de morceaux d’artistes musicaux dont elle s’est imprégnée, afin de retranscrire, au fusain, sur papier format raisin, une forme de son étonnamment imagé, comparable, peut-être, à la gravure de sillons sur les vinyles et autres objets sonores qui permettent de visualiser la musique, de lui donner un aspect concret. L’interprétation plastique ici est personnelle, a priori abstraite, à chacun d’y déambuler avec son propre imaginaire, de le relier à l’écoute de la chanson, de trouver des points d’ancrage, des circuits émotionnels. « J’entre dans la musique comme dans un paysage, dont je peux voir l’ampleur et les détails. Dessiner une musique, c’est tracer la morphologie, l’énergie propre, l’émotion qu’elle déploie » explique Pascale Chau-Huu

« Beauté »
Pour évoquer son travail, l’artiste explique avoir fait sien le concept « Navajo », où le mot « équilibre » veut dire aussi « beauté ». Synchronicité croirons les plus adeptes des signes du destin, si l’on se souvient que Le CEM programmait en mai 2019, le groupe de rock navajo « Sihasin » et le film qui lui était consacré « Hozho, marcher dans la beauté ». Nous pensons au CEM qu’il n’y a pas de hasard mais une succession de rencontres qui nous enrichissent les uns les autres « Je cherche à traduire ce qui fabrique nos innombrables instants. Quelque chose d’impalpable et d’unique s’est passé, que j’essaie de transcrire : la sensation de vivre, si puissante et fragile, si futile et précieuse, et si banalement mélancolique » commente Pascale Chau-Huu.
Les compositions de l’artiste sont étonnamment abstraites et évocatrices ; elle en présentera une dizaine, toutes de noir vêtues auxquelles viendront s’ajouter trois grands formats colorés.
Le vernissage aura lieu le 18 septembre prochain avec une probable performance associée et en tout état de cause, une présentation en bonne et due forme, grande nouveauté au CEM.
Toutefois, les incertitudes qui pèsent sur les lieux publics comme le nôtre en raison du Covid, nous font avancer avec prudence sur le terrain des rendez-vous.
Gageons, que de façon très optimiste, nous pourrons nous réjouir de savourer ce parcours avec toute la liberté physique et intellectuelle que nécessite une telle imprégnation.

Son parcours
Pascale Chau-Huu est née à Marseille et a gardé de ses années méditerranéennes l’attachement à la mer, et à l’horizon. Elle sera donc comme un poisson dans l’eau au Havre.
À partir de 1988, elle développe un travail de dessin et de peinture, où se mêlent étroitement figures animales, fragments de corps, formes végétales, et abstraction picturale. Dans les années 2000, l’artiste débute l’exploration d’outils numériques avec la création de films vidéos projetés sur des volumes (mapping vidéo). En 2017, elle propose la série de dessins Playlist, sa première traduction plastique de morceaux musicaux. La peinture a toujours une place prépondérante dans la production de l’artiste, même si elle continue la création de films vidéos dont « L’endroit secret des biches », projeté sur une voûte séculaire de l’abbaye de Bassac en 2019.
Expérimentée dans la transmission artistique, elle propose à l’occasion des ateliers de médiation, sur le thème de la traduction graphique du son.

Plus d’infos

Exposition du 1er au 30 septembre 2020
Vernissage le vendredi 18 septembre à 18h30
Une communication ultérieure sera proposée concernant
une performance liée à ce vernissage
Au CEM, 77 rue du 329e R.I. – 76620 Le Havre
Infos au 02 35 48 48 80
Exposition en entrée libre, le lundi de 18h à minuit, du mardi au vendredi de 14h à minuit,
le mercredi de 9h à midi, le samedi de 14 à 19h et le dimanche de 14h30 à 19h.

Retrouvez-nous sur Facebook !

Pour sa nouvelle exposition, Le CEM accueille Hervé Laplace. Artiste qui cultive le mystère et les pseudonymes, il joue à cache-cache avec les époques et les styles. Collagiste inclassable, il cite Prévert parmi ses références, pour mieux vous égarer dans un univers à la Huysmans tour un tour inquiétant, drolatique et baroque.

Fervent client des puces de Saint-Sernin où il puise dans de vieux grimoires du XIXe, la matière première de son œuvre, Hervé Laplace alias René Apallec alias Herbôt ou Jek a lancé à contre-courant sa machine à explorer le temps. C’est sur ordinateur qu’il a commencé à jouer avec les images, avant de jeter aux orties computers et palettes graphiques pour ne plus se colleter au virtuel qu’à la colle et au scalpel.
Si photomontages et collages constituent la trame de l’œuvre d’Hervé Laplace, musique, textes, planches et studios ont fait partie de sa vie passée. À 50 ans, c’est cette expérience, cette curiosité, cette sensibilité, ce regard aiguisé qui orientent ses recherches, définissent ses personnages et nourrissent sa création.

Le « Collectivement seul » regroupe des œuvres de Herbôt et de René Apallec
Herbôt est un collagiste poétique, drôle, voire un peu fou. Loin des logiciels, il découpe et créé des images en relief et en perspective. Des installations minutieuses créant univers féerique inspiré de Georges Méliès ou de Karel Zeman que l’on contemple avec émerveillement.
Fasciné par les collages du surréaliste Max Ernst, Hervé Laplace invente, René Apallec, personnage sombre. Un ancien infirmier des tranchées de 14-18 qui, en pied de nez aux horreurs de la guerre, découpe et recolle en défigurant les portraits des généraux dans la revue « l’Illustration ». La légende veut que ces planches retravaillées, qui n’avaient jamais été montrées auparavant, pour cause, soient découvertes en 2007 par Hervé Laplace dans un grenier toulousain. Depuis, elles ont été exposées en Angleterre, aux USA, en Espagne, en Belgique, en France à l’occasion de la commémoration du Centenaire 14-18 et en ce moment dans les Caraïbes.
Et puis maintenant, au CEM !

Exposition du 1er au 31 mars 2020
Vernissage le vendredi 6 mars à 18h30
Au CEM, 77 rue du 329e R.I. – 76620 Le Havre
Infos au 02 35 48 48 80
Exposition en entrée libre, le lundi de 18h à minuit, du mardi au vendredi de 14h à minuit,
le mercredi de 9h à midi, le samedi de 14 à 19h et le dimanche de 14h30 à 19h.

Retrouvez-nous sur Facebook

Pour sa nouvelle exposition, Le CEM accueille Frédéric Tran de l’association « Efteculture » avec une série de photos dédiées aux barbus en tout genre. Clichés pour modèles pileux de choc, cette déambulation remarquable vous rendra forcément de bon poil.

La pilosité faciale n’est pas qu’une question de style, mais touche a des aspects sociologiques et psychologiques. Une grande majorité des jeunes de moins de 25 ans s’affichent avec une barbe. Ce pourrait être un nouveau rite de passage à l’age adulte pour cette jeune génération tandis que les plus de 50 ans ne la perçoivent plus comme un signe de relâchement. Il n’y a pas si longtemps, le métier de barbier semblait être subordonné à celui de coiffeur, mais nous assistons au grand retour des barbershops qui fleurissent dans toutes les villes. Nous sommes allés à la rencontre de professionnels qui « travaillent le poil » afin de recueillir leur point de vue et avons invité 100 hommes à prendre la pose en studio. De la barbe naissante à celle des concours, cette galerie de portraits photographiques contemporains interroge la présentation de soi et la construction d’une identité tout en nous invitant à relire Thomas Gowing qui, en 1854 dans son livre Philosophie de la barbe affirmait : « (…) il est impossible de regarder une série de portraits d’hommes barbus, quel que soit leur degré d’exécution, sans ressentir leur dignité, gravité, liberté, vigueur et complétude ».

Exposition du 30 janvier au 29 février 2020
Vernissage le vendredi 7 février à 18h30
Au CEM, 77 rue du 329e R.I. – 76620 Le Havre
Infos au 02 35 48 48 80
Exposition en entrée libre, le lundi de 18h à minuit, du mardi au vendredi de 14h à minuit,
le mercredi de 9h à midi, le samedi de 14 à 19h et le dimanche de 14h30 à 19h.

Retrouvez-nous sur Facebook !

 

Jérôme Sirou, illustrateur historique de l’affiche des Rockeurs ont du cœur au Havre, a réalisé cette année la 20ème affiche de cette manifestation caritative devenue incontournable en décembre. Un anniversaire tout rond qui méritait bien un coup de projecteur particulier. En l’occurrence, une exposition qui préfigure une nouvelle édition de cette série de concerts dont le but sera de collecter un maximum de jouets pour des enfants issus de familles défavorisées via des organismes solidaires.

   

« Les rockeurs ont du cœur » ont vu le jour sous forme d’un festival musical à visée sociale à Nantes, en 1988 et à Rennes en 1991. Ce festival a été décliné chaque mois de décembre dans d’autres communes et sur d’autres formats (concerts dans les bars, mini festivals, etc…) avec un point commun : en guise d’entrée, le public est invité à venir avec des jouets neufs à offrir. La belle idée.
Au Havre, c’est le couple Pascale et Vincent Le Bodo qui s’est emparé du projet et, comme de bons petits soldats, depuis 1991, ils s’échinent tous deux à programmer des artistes bénévoles, accueillis, tout comme le public, dans un cadre chaleureux, dans leur salle de concert, chez eux à Mamy Blü, rue Aristide Briand.
Le CEM, partie prenante, de tous les beaux projets, quand on les lui propose, s’associe depuis plusieurs années afin d’apporter sa pierre à l’édifice. Et c’est ainsi, que les concerts se déroulent dorénavant en plusieurs endroits : à Mamy Blü mais également, à l’Hôpital Pierre Janet sous la houlette du CEM et dans Le Tube, salle de concert du CEM. Ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières ?!

Sirou !
Et cette année étant la 20ème pour Sirou en tant qu’illustrateur, on vous le disait en préambule, il a été choisi de mettre un coup de projecteur sur le travail de ce dessinateur concepteur de la majeure partie des affiches des Rockers ont du cœur au Havre.
Jérôme Sirou est graphiste et dessinateur de bande dessinée havrais. Il a publié plusieurs bandes-dessinées dont « Prendre l’air » qui traite de la plage du Havre avec humour et poésie.
Artiste poète discret mais néanmoins productif, il s’attache à croquer les petites choses de la vie sur un blog. Drôle, décalé, poétique, son univers est attachant et humaniste. Il fait partie de ces artistes havrais désormais incontournables, ayant su développer une patte précise et personnelle tout en conservant une grande humilité et une proximité avec la ville et ses habitants.
Pour cette exposition au CEM, les 20 affiches qu’il a réalisées seront présentées, (dont 18 originaux).
Seront également posées en extérieur, les bâches géantes reprenant ses illustrations, ayant fait la spécificité de l’accueil de Mamy Blü pendant les Rockers ont du cœur.

Programmation des concerts à venir.

Exposition jusqu’au 21 décembre 2019
Vernissage le vendredi 22 novembre à 18h30
Au CEM, 77 rue du 329è R.I. – 76620 Le Havre
Infos au 02 35 48 48 80
Exposition en entrée libre, le lundi de 18h à minuit, du mardi au vendredi de 14h à minuit, le mercredi de 9h à midi, le samedi de 14 à 19h et le dimanche de 14h30 à 19h.

Le CEM poursuit son périple artistique en accueillant pour sa deuxième exposition un résident du Fort de Tourneville : Jean-Philippe Gomez. Jean-Philippe Gomez est peintre et musicien ; il s’intéresse tout particulièrement aux musiques nouvelles et improvisées, aux sons concrets et aux manipulations diverses et variées. C’est ainsi que de ses diverses curiosités, il a fini par concevoir des installations sonores.
Sa peinture se construit de façon mécanique, à la recherche de nouveaux systèmes, par le détournement d’outils qu’il expérimente sur des grands formats ou des séries. Il travaille systématiquement avec des matériaux de récupération.
Dans le cadre de son exposition au CEM, l’artiste a réalisé une série de spectrogrammes ou de paysages sonores. Il a notamment fabriqué un pinceau de la largeur de la toile et une gouttière de la taille identique lui servant a imprégner un assemblage de brosses ou de balais de grande taille.
Chaque couleur est alors appliquée en un seul passage sur l’ensemble de la surface à peindre, la couleur suivante n’étant balayée qu’après séchage complet de la couche précédente.
La viscosité de la peinture et les accidents façonnent le bruit d’un paysage étonnant, à découvrir au CEM tout au long du mois d’octobre.

Exposition du 1er octobre au 15 novembre 2019
Au CEM, 77 rue du 329e R.I. – 76620 Le Havre
Infos au 02 35 48 48 80
Exposition en entrée libre, le lundi de 18h à minuit, du mardi au vendredi de 14h à minuit, le mercredi de 9h à midi, le samedi de 14 à 19h et le dimanche de 14h30 à 19h.

Retrouvez toute l’actualité du CEM sur Facebook

Le CEM entame sa nouvelle saison avec une exposition de Franck Tilmant dans le Pôle de répétition (ex-Sonic). Né en 1966, il vit en Normandie. Son atelier se situe à Pont-Audemer (27). Autodidacte, il (pétrit et) expérimente différentes techniques depuis 20 ans.

Jusqu’alors, connu et reconnu comme musicien chevronné, lorsque la musique ne l’emporte pas à travers la France, Franck Tilmant modèle ses émotions dans son atelier pontaudemérien. Influencé notamment par Alberto Giacometti, Jackson Pollock, Max Ernst ou encore Gerhard Richter, il troque régulièrement contrebasse et guitares contre pinceaux et autres ustensiles lui permettant de s’exprimer en couleurs, en abstraction, en reliefs et en matières.
Artiste polymorphe, il aborde chacune de ses disciplines avec la même envie. Il joue avec les notes comme il le fait avec la matière : certaines émotions s’exprimeront en mélodie, d’autres en acrylique ou dans un enchevêtrement de couleurs et de matières dont lui seul a le secret.

Du vide naît la forme et vice et versa
À travers une série de portraits sculptés, l’artiste Franck Tilmant offre une lecture acide et sans concession du monde actuel. Ses personnages crient, se tordent et se contorsionnent comme en prise avec une douleur sourde, tenace. (Sur fond de toile blanche), ils semblent jaillir et se figer. Le va-et-vient entre matière et vide créé un jeu d’apparition-disparition. Cette combinaison du positif-négatif offre une lecture inversée et troublante : du vide naît la forme et vice et versa.
Le processus de création, quant à lui, est méthodique, presque chirurgical : un socle de base argileux (désintégré à l’ultime étape) sur lequel viennent se greffer méticuleusement des lambeaux de vinyles chauffés.
L’artiste donne à voir le sous-jacent et met en lumière la face cachée de l’iceberg.

MUE (Reflexions sur le travail de Franck Tilmant) par Samuel Martin

De toutes les techniques de la sculpture, la plus simple à mettre en œuvre, et aussi la plus ancienne, est la technique du modelage à main libre. Elle n’exige pas l’utilisation d’outils particuliers puisque la main du sculpteur suffit à modeler une matière naturelle et malléable comme l’argile ou la cire.
Franck Tilmant utilise d’abord l’argile pour la réalisation des volumes de la série « Les Gueules cassées ». Ces œuvres sont le fruit d’un long et complexe processus de création au sein duquel la matière naturelle rencontre un matériau bien moins conventionnel : le disque vinyle.
La production d’un volume est comparable à un lent travail de mue, depuis la mise au jour d’une forme initiale dont ne subsiste en finalité que la trace à travers l’œuvre achevée. En effet, Franck Tilmant réalise d’abord un volume en argile. De la matière, un fragment de corps (le plus souvent un buste) apparaît.
Cette création première et fondamentale pour le reste du processus n’a pas pour but d’être montrée, elle existe de façon éphémère au sein de l’atelier. Sur ce corps d’argile, l’artiste fait fondre des morceaux de disque vinyle ; la matière naturelle et ancienne se trouve alors au contact d’un matériau industriel. Les coulées de vinyle enveloppent peu à peu le corps de terre, en une sorte de masque que l’artiste laisse délibérément parcellaire.
Une fois le vinyle apposé sur le corps, il reste à immerger le volume dans l’eau afin d’éliminer l’argile. Le modelage initial est détruit, définitivement perdu et n’en subsiste que son empreinte de vinyle, qui sera l’œuvre.

« Ici, c’est le volume qui permet de réaliser un moule qui deviendra œuvre »
Il existe une lecture analytique, symbolique de cette pratique singulière. Au niveau de la tradition de l’histoire de la sculpture, on connaît le modelage et le moulage. Ici, Franck Tilmant ne réalise pas un moulage, mais un moule. C’est le processus du moulage pris à l’envers. En principe, on réalise un moule qui va permettre la création d’ une forme qui sera la production finale. Ici, c’est l’inverse, le volume premier permet de réaliser un moule qui deviendra œuvre.
On notera que l’œuvre n’existe qu’après une immersion. L’eau symbole de naissance, de cycle donne vie à l’œuvre finale. Alors, la matrice d’argile perd les traces de l’intervention de l’artiste et le corps figuré redevient matière sous l’action de l’eau.
Le volume final, celui qui est l’œuvre est en réalité la trace de tout le processus créatif. Tel un masque, ou plutôt comme une seconde peau, il a enregistré les traces du modelage initial.
Bien que les corps soient vides, ils conservent la mémoire des gestes de l’artiste. Coquilles emprisonnant des corps fantômes, les œuvres se pénètrent du regard, l’intérieur comme la surface extérieure offerts aux spectateurs.

Le CEM,
77 rue du 329e R.I. – 76620 Le Havre
Infos au 02 35 48 95 25

Exposition en entrée libre, le lundi de 18h à minuit, du mardi au vendredi de 14h à minuit, le mercredi de 9h à midi, le samedi de 14 à 19h et le dimanche de 14h30 à 19h.

Retrouvez-nous sur Facebook !

Le CEM en partenariat avec SLAM Le Havre, présente une soirée slam de poésie sur le thème de la trahison le vendredi 19 avril à partir de 19h30.

• Le slam est une manifestation poétique et humaine ouverte à tous.
• La slam réunit des personnes de tous les horizons et de tous les milieux sociaux et chacun, chacune, selon sin envie, peut monter sur scène pour dire un texte au public.

• Les seules règles qui régissent le slam sont les suivantes:
– un texte court écrit personnellement de maximum 3 minutes
– aucun accompagnement musical, aucun costume
– la seule censure qui existe est celle de l’auteur lui-même
– une entrée libre et gratuite, ouverte à tous

Bar du CEM
77 / 55  rue du 329e RI – Fort de Tourneville – 76620 Le Havre
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Infos au 02 35 48 95 25 / 02 35 48 48 80

Le CEM accueille, à l’occasion du CEM on Fest #1, un de ses plus fidèles collaborateurs en la personne de Wilfried Lamotte. Figure emblématique de la scène locale lui qui a photographié des centaines d’artistes, il se retrouve ici mis à l’honneur lors de la présentation d’une partie (infime) de son travail.

Originaire du Havre, Wilfried Lamotte a démarré la photographie de concert en 1993 : « Je me suis passionné très tôt pour la photo ; j’avais reçu en cadeau un petit Kodak Disc avec flash intégré alors que j’étais âgé d’une dizaine d’années. Depuis la passion a grandi et n’a jamais cessé d’être là ».
Le temps passe donc, le matériel évolue et l’envie est croissante. Avec pour modèles quelques photographes locaux reconnus, Wilfried Lamotte choisi de s’orienter principalement vers la photo de concert. « Au départ, il y avait les copains pour se faire la main (ou l‘œil ! ndlr) et notamment un premier concert à Franklin. Et puis une pratique régulière s’est installée. »
Aujourd’hui, ce sont des milliers de clichés, en argentique jusqu’au début des années 2000 et puis, comme tout le monde, quoi qu’assez tardivement, le numérique est venu.

« Je me considère comme un témoin »
S’il regarde beaucoup le travail des autres « sans pour autant s’en inspirer directement », le garçon reste modeste, déclarant « ne pas avoir de style ». « Peut-être les autres verraient un style mais en réalité, je ne me pose pas ce genre de questions. Je ne me considère pas comme un artiste mais plus comme un témoin. J’aime l’idée de travail de mémoire. La photo est une trace et permet de pallier l’oubli. »
Dans l’expo proposée au CEM, deux thèmes ont été choisis. Côté Pôle de répétition, une sélection de 22 clichés réalisés lors de différents concerts ayant eu lieu dans le Tube (ci-contre Pete Simonelli de Enablers en novembre 2015), salle de concert du CEM, depuis son ouverture en 2013.
Dans l’école, la sélection a été davantage effectuée selon un travail d’archives avec des photos sur l’histoire du CEM depuis 94. La perspective de parcourir une histoire associative qui a déjà 32 années à son compteur.
Cette exposition sera inaugurée spécialement dans le cadre du CEM on Fest lors de toutes les autres festivités. En revanche, elle fera l’objet d’un vernissage de décrochage spécifique dont nous vous repréciserons la date et l’horaire.

Du 21 mars au 30 avril 2019
Au CEM – Fort de Tourneville – 55 et 77 rue du 329e RI – 76620 Le Havre
Horaires au 55 : du lundi au vendredi de 9h à midi et de 14h à 19h.
Le samedi de 9h à midi.
Horaires au 77 : le lundi de 18h à minuit, les mardi, jeudi, vendredi de 14 à minuit.
Mercredi de 9h à midi et de 14h30 à minuit.
Samedi de 14h à 19h et dimanche de 14h30 à 19h
+ d’infos au 02 35 48 48 80

Retrouvez-nous sur Facebook !