Choqués. Comme vous, nous avons été choqués et le sommes toujours face à ce compteur morbide qui ne cesse d’augmenter du nombre de femmes assassinées par leurs conjoints ou ex-conjoints.

Que faire face à une telle barbarie ? Rester les bras ballants, guetter les chiffres avec appréhension ? Le CEM a décidé de se mobiliser lors d’une journée-débat-rencontre-expo-concert qui se tiendra le samedi 30 novembre 2019. L’idée est de récolter des fonds qui seront intégralement remis à des associations défendant les droits des femmes mais aussi de créer un temps de parole et d’échanges autour de ce sujet.

Programme

  • 14h-16h : conférence par Bastien Cantillon « La place et le rôle des femmes dans les musiques amplifiées des années 50 aux années 70 »
    Dans la salle form pro par l’intérieur du Fort de Tourneville, 66 rue du 329e R.I.
  • 16h-18h : débat modéré par Doris Le Mat-Thieulen sur le féminicide avec La 105ème, Nous Toutes, Femmes Solidaires, Putain de guerrières, L’AFFD (Association Femmes et Familles en difficultés), Maître Laetitia Bénard
    Dans la salle form pro par l’intérieur du Fort de Tourneville, 66 rue du 329e R.I.
  • 18h30-19h : Lecture de textes dans notre espace de convivialité par un comédien, Jérôme Boyer, extraits d’un témoignage Burkinabé et de témoignages de femmes rencontrées au Havre
    Dans la bar du CEM – Fort de Tourneville, 77 rue du 329e R.I.
  • 19h15-19h30 : Concert de la chorale du CEM sous la houlette de Laurent Ambroggiani
    Dans la bar du CEM – Fort de Tourneville, 77 rue du 329e R.I.
  • À partir de 20h : concerts dans notre salle dédiée « Le Tube » avec :
    Fort de Tourneville, 77 rue du 329e R.I.
  • ¡BANG BANG!

4 filles. Moyenne d’âge : 15 ans. Leur créneau habituel : plutôt pop/rock. Dans le cadre du concert de Camilla Sparksss, l’idée a été pour le Pôle de Musiques Actuelles du Havre de proposer une graine d’artistes dans la veine de cette soirée couleur électro. Et c’est ainsi que Lily (claviers-chant), Nina (batterie), Judith (chant) et Jezebel (ukulele/guitare-chant) se voient proposer de relever un challenge : créer un petit set de première partie mais avec comme contrainte de « l’eclectroïser ».

Causette
Causette transforme les maux en mots, les mineurs en majeurs, les instants clés en clé de sol. Pas de bémol dans ce trio, quelques paroles de révolte pour un monde qui s’étiole. C’est un cri qui résonne., des écrits qui raisonnent.

Ruby Shoes
Duo mixte franco-britannique dans un registre assez minimaliste, incluant guitare, basse, boîte à rythmes et chant. Ruby Shoes tire ses influences de groupes tels que The Kills, PJ Harvey, mais également The Velvet Underground, Sonic Youth, B-52s …

Lara M’Roue – Performeuse danseuse

GF & Marie
Grand Final, duo rock havrais composé de Doris Le Mat-Thieulen et Jean-François Thieulen, sera accompagné pour ce court set de Marie Camille Ménage pour un trio informel ayant choisi 4 reprises à dessein.

Glasgow
Glasgow est un groupe de rock français, originaire du Havre [LH], Normandie, France. Formé en 2019, il est composé d’Annabelle Bougué à la Guitare et au Chant, Rénald Pacot-Grivel à la Basse et des deux frères Crichan, Mickaël à la Guitare et Yann à la Batterie. Dans la lignée des pop-songs anglaises mais aussi du rock des Pixies, PJ Harvey.

City Kids
Quatuor incontournable de la scène rock havraise historique, City Kids continue régulièrement à retrouver une solide base de fans sur scène lors de concerts résolument électriques avec pour particularisme d’avoir toujours su intégrer de belle manière un clavier voix personnel sur un fond rock plus traditionnel.

Les quatre associations bénéficiaires :

  • La 105ème
    Quatre amies ayant décidé de créer une association afin de venir en aide aux personnes victimes de violences conjugales. Elles ont nommé l’association « la 105ème » en mémoire de leur amie Johanna sauvagement assassinée au Havre le 16 septembre 2019 par son ex-conjoint.
  • Nous toutes
    Le mouvement « Nous Toutes » prévoit d’organiser une déferlante féministe, rassemblant des centaines de milliers de personnes en même temps, pour que la France se réveille et dise « Stop » aux violences sexistes et sexuelles.
  • Femmes solidaires
    Mouvement féministe, laïque, d’éducation populaire, Femmes solidaires s’engage pour faire reculer toutes formes de discriminations et développer une éducation non sexiste et non violente. Elle informe, sensibilise sur les droits des femmes afin de contribuer à l’évolution des mentalités vers une société libérée des rapports de domination.
  • Putain de guerrières
    Association créée en 2017 par Clémence, une victime de violences conjugales. Elle apporte un soutien, une écoute et un accompagnement aux femmes et hommes victimes de violences conjugales, oriente et aide afin de traverser cette étape difficile qui est « l’après » violences conjugales, sensibilise pouvoirs publics et institutions.

Prix libre (mais néanmoins obligatoires pour assister à l’ensemble des propositions, dans la limite des places disponibles en fonction des espaces occupés)

Parallèlement, des artistes ont donné des œuvres qui seront vendues pour ajouter à la cagnotte : Edith, Jean-Luc Malandain, Yvan Le Soudier, Thomas Tranié, Wilfried Lamotte, Rachel Lagarta etc.
En outre, chaque structure aura une table d’information.
Tous les artistes présents sur cette soirée sont bénévoles. Les recettes sont intégralement reversées aux associations Putain de Guerrières, La 105ème, Nous Toutes, Femmes Solidaires, en 4 parts égales.

Le CEM accueille du 1er au 31 mars 2019, Lebel et Le Goff pour une exposition unique au CEM. C’est en 2001 que Lebel et Le Goff  tournent leur première vidéo. La séquence s’ouvre sur deux volatiles de plastique qui pépient au rythme d’un morceau de musique tandis que pleuvent des assiettes qui se brisent au sol. Si l’oiseau est un des symboles de la personnalité des rêveurs, ceux de Lebel et Le Goff  semblent avoir les pattes bien sur terre. Mais les apparences sont trompeuses et ce chant décalé pourrait bien être une façon d’ entrer dans l’univers fantaisiste des artistes.

Lebel et Le Goff  se plaisent à manipuler les petites choses de la vie courante qui deviennent prétextes à leurs expérimentations. Ils sortent et se frottent au monde extérieur, invitant l’autre à partager un moment en suivant leurs propres règles. On s’interroge sur ce qui se passerait si nous acceptions de suivre ces nouvelles directives, si nous quittions notre zone de confiance aussi rassurante que limitative.

Il y a certainement de multiples interprétations à donner au sujet de ces histoires sans parole qui peuvent se regarder indépendamment de toute chronologie bien que le travail s’étale sur une vingtaine d’années. L’humour et le décalage sont omniprésents et constituent un fil conducteur. Il faut aussi apprécier ce goût prononcé pour le travestissement avec une inclination pour une certaine forme de ridicule, on pense notamment à «malheur à ceux qui se contentent de peu» à «marotte» ou aux «indolents». Mais ce ridicule est de ceux qui ne tuent pas, il favorise bien au contraire une certaine prise de risques pour aller au-delà de soi et sortir d’une routine trop convenue.

Les histoires que racontent Lebel et Le Goff  ne sont toutefois pas silencieuses et la bande son occupe une place de choix. Ainsi, leurs aventures se font aux rythmes de musiques baroque, folklorique ou disco avec une mention spéciale pour les bruitages qui participent à la dynamique ou l’étrangeté des vidéos créant une troisième entité qui soutient les actions des artistes.

Lebel et Le Goff, c’est avant tout question de complicité. Une rencontre qui se fait au cours de leurs années d’étudiants aux Beaux Arts. La suite se situe dans le plaisir des retrouvailles, le partage des idées et le désir de compléter la proposition de l’autre. Une production qui nous rappelle que de l’échange et l’envie d’agir à plusieurs émergent de nouvelles intentions. L’union stimule la créativité dès lors qu’il est question de penser au pluriel, d’échanger, de se faire confiance. La complicité ne va pas de soi, elle se construit au fil du temps et des projets.

La production de Lebel et Le Goff  s’inscrit dans une durée avec une constance qui s’étale sur deux décennies avec la persistance d’un protocole qui oblige les artistes à se réinventer sans se compromettre, les obligeant à déjouer les pièges de l’usure ou de la redite. Arrivés à la maturité de leur âge et travail, ils continuent de tracer leur route, ajoutant ces petites touches d’expérience qui façonnent les œuvres au fil des expositions. Ils vieilliront sans doute ensemble parce qu’ils n’ont pas dit leur dernier mot, ce qui ne constitue pas la moindre des ironies. Éternels candides qui acceptent le défi du temps qui passe comme celui des conventions qui drapent dans les attendus. C’est d’ailleurs peut-être pour ça qu’ils aiment tant se déguiser, pour interpeller l’autre, le faire réagir, mais sans jamais l’offenser.

Cette exposition sera visible du vendredi 1er au dimanche 31 mars et nous serions ravis de vous compter parmi nous lors du vernissage
qui aura lieu vendredi 1er mars à 18h30 au CEM, 77 rue du 329e RI au Havre – Fort de Tourneville.
Exposition en entrée libre, le lundi de 18h à minuit, du mardi au vendredi de 14h à minuit, le mercredi de 9h à midi
le samedi de 14 à 19h et le dimanche de 14h30 à 19h.
Infos au 02 35 48 95 25 / 02 35 48 48 80